La capitale ukrainienne se trouve dans l’une des périodes les plus noires depuis le début de la guerre avec la Russie. Kyiv fait face à une crise humanitaire majeure, qui s’alimente par la multiplication des attaques russes contre les infrastructures énergétiques du pays. En plein hiver, des millions d’habitants sont privés de nombreux services, dans un contexte de froid extrême et d’insécurité.
Depuis plusieurs mois, les frappes visant les centrales électriques et thermiques se succèdent sans interruption. Missiles et drones ciblent le réseau énergétique ukrainien presque quotidiennement, provoquant des pannes à répétition. Cette stratégie plonge la capitale dans l’obscurité et désorganise profondément la vie économique et sociale de la ville.
Les conséquences pour la population civile sont lourdes. Plus de trois millions de personnes à Kyiv subissent des coupures prolongées d’électricité, de chauffage et d’eau courante. Dans une ville où les températures hivernales descendent régulièrement sous les -10 °C, l’absence de chaleur et d’eau représente un danger réel pour la santé et la survie.
Les quartiers populaires figurent parmi les zones les plus affectées. Situés à proximité des infrastructures énergétiques ciblées, ils sont particulièrement exposés aux bombardements. Dans certains immeubles, l’électricité peut être coupée pendant dix à vingt heures d’affilée, rendant impossible le chauffage des logements et l’accès à l’eau aux étages supérieurs.
Face à l’ampleur de la crise, une partie de la population a quitté la capitale. Les autorités municipales estiment qu’environ 600 000 habitants ont fui Kyiv ces dernières semaines, cherchant refuge dans des régions moins exposées. Toutefois, beaucoup restent sur place, faute de moyens financiers ou pour des raisons familiales et médicales.
Pour ceux qui demeurent dans la ville, le quotidien est rythmé par la recherche d’électricité et de chaleur. Les habitants profitent des rares heures de courant pour recharger leurs téléphones, faire fonctionner des appareils essentiels ou laver du linge. La nuit, beaucoup se réfugient dans des caves, des parkings souterrains ou des stations de métro lors des alertes aériennes.
Afin de répondre à l’urgence, la municipalité a mis en place des « points d’invincibilité ». Ces espaces, équipés de générateurs, permettent aux habitants de se réchauffer, de se connecter à internet et parfois de passer la nuit. Ils constituent des îlots de survie dans une ville largement paralysée par les coupures.
Cependant, ces dispositifs restent insuffisants face à l’ampleur de la crise. Certains refuges manquent de carburant, de personnel ou de maintenance, tandis que plusieurs bâtiments publics censés accueillir la population restent fermés. La capacité d’accueil ne permet pas de répondre aux besoins de tous les habitants.
Le fournisseur d’électricité DTEK reconnaît que le réseau fonctionne en état d’urgence permanent. Toute prévision fiable de coupures est devenue impossible, la production d’électricité étant largement insuffisante. Les autorités parlent d’une situation sans précédent, tant par sa durée que par son intensité.
Malgré les promesses du gouvernement de rétablir rapidement les infrastructures, la menace de nouvelles attaques demeure. En ciblant l’énergie, la Russie exerce une pression directe sur les civils, transformant l’hiver en une arme de guerre. À Kyiv, la population résiste, mais la crise humanitaire continue de s’aggraver jour après jour.
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